
• L'assurance emprunteur doit prendre en charge vos mensualités si un risque couvert se réalise (maladie, invalidité, décès) — c'est son objet même.
• Toute exclusion de garantie doit avoir été clairement portée à votre connaissance lors de la souscription. Une exclusion mal expliquée ou peu lisible peut être inopposable.
• L'assureur doit prouver que vous avez délibérément dissimulé un problème de santé pour invoquer une fausse déclaration — une omission involontaire ne suffit pas.
• Les délais de carence et de franchise doivent être contractuellement précis : leur application abusive est contestable.
• En cas de refus injustifié, le médiateur de l'assurance peut vous indemniser gratuitement.
Vous vous êtes retrouvé en arrêt maladie, en invalidité, ou avez subi un accident qui vous empêche de travailler. Vous avez souscrit une assurance emprunteur précisément pour ce moment — et l'assureur refuse de payer. Il invoque une exclusion, une fausse déclaration dans votre questionnaire médical, ou un délai de carence.
Ce refus tombe au pire moment. Et pourtant, dans de nombreux cas, il peut être contesté. Les assureurs savent que la plupart des assurés ne remettent pas en question leur décision. C'est à tort.
Lors de la souscription de votre assurance emprunteur, l'assureur avait l'obligation de vous informer clairement de toutes les exclusions de garantie, dans des termes lisibles et compréhensibles pour un non-spécialiste. Si une exclusion n'était pas suffisamment explicite, ou si elle n'a pas été portée à votre attention de façon apparente (clause noyée dans les conditions générales), elle peut être inopposable au titre de l'article L112-4 du Code des assurances.
Sur la fausse déclaration : l'assureur doit démontrer que vous connaissiez votre état de santé au moment de la souscription et que vous l'avez intentionnellement dissimulé. Une maladie diagnostiquée après la souscription, ou un état dont vous n'aviez pas conscience, ne constitue pas une fausse déclaration au sens légal.
Sur les délais : le délai de carence (période initiale sans couverture) et le délai de franchise (période d'attente avant prise en charge) doivent être clairement définis dans votre contrat. Si l'assureur les applique au-delà de ce qui est prévu, ou les interprète de façon extensive à son avantage, son refus peut être contesté.
1. Obtenez le motif écrit et précis du refus — votre assureur est obligé de vous le communiquer. Refusez toute réponse vague.
2. Relisez votre contrat article par article pour vérifier si le motif invoqué est effectivement prévu, clairement formulé, et correctement appliqué.
3. Rassemblez vos preuves médicales : certificats, rapports d'hospitalisation, diagnostics — pour démontrer la réalité et la nature du risque survenu.
4. Adressez une contestation écrite formelle à votre assureur en citant les articles du contrat mal appliqués et les insuffisances d'information lors de la souscription.
5. Si votre préjudice est significatif, consultez un avocat spécialisé en droit des assurances ou une association de consommateurs.
Si votre assureur maintient son refus, le médiateur de l'assurance (distinct du médiateur bancaire) peut examiner votre dossier gratuitement. Il est compétent pour apprécier la régularité de l'exclusion opposée et ordonner l'indemnisation si le refus est injustifié.
Votre assurance emprunteur a été vendue pour protéger votre prêt en cas de coup dur. Si elle refuse de jouer ce rôle, elle manque à son objet. Ne laissez pas ce refus sans réponse.