9/20/2026
5 min de lecture

Un faux conseiller vous a piégé pour virer de l'argent : votre banque doit-elle rembourser ?

Paiements non autorisés

L'essentiel en bref

•  Le vishing (appel frauduleux d'un faux conseiller bancaire) est une fraude de plus en plus répandue — et votre banque le sait.

•  L'opération de virement a été initiée par un tiers à votre insu : vous n'êtes pas l'auteur de la fraude.

•  L'article L133-18 CMF impose à la banque de rembourser sans délai les opérations non autorisées.

•  La banque doit prouver que vous avez commis une négligence grave — être trompé par un professionnel de la manipulation ne l'est pas.

•  Vous avez 13 mois pour contester (art. L133-24 CMF). La médiation bancaire peut intervenir gratuitement.

Le problème

Vous recevez un appel d'un prétendu conseiller de votre banque. Il vous alerte d'une fraude en cours sur votre compte et vous demande de "sécuriser" vos fonds en les transférant. Vous faites confiance — et les virements partent.

Lorsque vous contactez votre vraie banque, la réponse est brutale : vous avez vous-même validé les virements, donc vous en êtes responsable. La banque refuse de rembourser.

Cette réponse est contestable. Les escroqueries au faux conseiller sont des opérations sophistiquées, souvent réalisées par des réseaux criminels organisés. Elles visent à vous faire croire que vous agissez en sécurité. Ce n'est pas de la naïveté — c'est de la tromperie.

Que dit la loi sur les arnaques au faux conseiller ?

Lorsqu'un tiers vous manipule pour réaliser un virement à votre place, l'opération peut être qualifiée de non autorisée au sens du Code monétaire et financier. L'article L133-18 CMF prévoit alors l'obligation de remboursement immédiat par la banque.

La banque tentera d'opposer votre consentement à l'opération. Mais ce consentement a été vicié par la tromperie. La jurisprudence du médiateur bancaire, comme celle des tribunaux, distingue la faute grave caractérisée du simple fait d'être victime d'une manipulation élaborée.

De plus, les banques ont l'obligation de détecter les comportements inhabituels sur les comptes (virements inhabituels, montants élevés vers de nouveaux bénéficiaires). Si elles ont failli à cette vigilance, leur responsabilité peut être engagée.

Que faire concrètement ?

1.  Contactez immédiatement votre banque pour tenter de rappeler les virements — certains établissements peuvent agir dans les premières heures.

2.  Déposez plainte pour escroquerie auprès du commissariat ou de la gendarmerie. Précisez le numéro de l'appelant et les détails de la conversation.

3.  Notez tout par écrit : heure de l'appel, nom du prétendu conseiller, arguments utilisés, montants virés, numéros de comptes destinataires.

4.  Envoyez une réclamation écrite formelle à votre banque en invoquant l'article L133-18 CMF et en décrivant les circonstances de la fraude.

5.  Signalez l'arnaque sur la plateforme Pharos (signalement.gouvernement.fr) et au 33 700 si l'appel était frauduleux.

En cas de blocage

Si votre banque refuse de rembourser en invoquant votre prétendu consentement, saisissez le médiateur bancaire. Cette procédure est gratuite et accessible sans avocat. Le médiateur apprécie les circonstances réelles de la fraude — et les faux conseillers bancaires n'agissent pas comme des victimes négligentes.

Vous avez été trompé par des professionnels. Ce n'est pas une raison pour renoncer à vos droits.

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